Les Objets de la Messe
Les vases sacrés, le linge liturgique et les instruments au service du culte divin
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I. Les Vases Sacrés

Le Calice et la Patène
Les vases eucharistiques par excellence
Le calice est le vase sacré le plus vénérable : il contient le vin qui devient, lors de la consécration, le Précieux Sang de Jésus-Christ. Traditionnellement en métal précieux — or, argent ou vermeil — il est souvent orné de symboles christiques ou évangéliques.
La patène est le plat circulaire sur lequel repose l’hostie principale pendant la Messe. Elle accompagne toujours le calice et est consacrée avec lui. Ensemble, calice et patène forment le « service eucharistique » par excellence.
« Chaque fois que vous mangez ce pain et buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne. » (1 Co 11, 26)
Le Ciboire
Le vase pour la communion des fidèles
Le ciboire est un vase sacré en forme de coupe munie d’un couvercle, destiné à contenir les hosties consacrées pour la communion des fidèles. Il est conservé dans le tabernacle entre les célébrations.
Le ciboire est toujours recouvert d’un voile blanc ou doré lorsqu’il est déposé dans le tabernacle, signe de respect envers la présence réelle du Christ.
Le ciboire, réservé au Corps du Christ, est signe de la sollicitude de l’Église pour tous ses enfants qui viennent se nourrir au Pain de vie.


L’Ostensoir
Pour l’adoration eucharistique et les processions
L’ostensoir (du latin ostendere, « montrer ») est le vase sacré en forme de soleil rayonnant destiné à exposer l’hostie consacrée à l’adoration des fidèles. Il comporte une lunule — petite pince transparente — qui maintient l’hostie visible.
Utilisé lors des offices de Bénédiction du Saint-Sacrement et des processions eucharistiques (Fête-Dieu), l’ostensoir manifeste la foi de l’Église en la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie.
« Voici le Pain des anges, le Pain des voyageurs, vraiment admirable. » — Lauda Sion, saint Thomas d’Aquin
II. Le Linge Liturgique
Le Corporal
Le linge sacré qui reçoit le Corps du Seigneur
Le corporal est une pièce de lin blanc, carrée, que l’on dépose sur l’autel à l’Offertoire. Le calice, la patène et le ciboire y sont posés pendant toute la liturgie eucharistique, afin que les parcelles de l’hostie ou les gouttes du Précieux Sang soient recueillies avec respect.
Son nom vient du latin corpus (corps) : il reçoit le Corps du Christ. Le corporal est plié soigneusement selon un rituel précis après chaque Messe et conservé dans une étui rigide.
Le soin apporté au corporal exprime la foi en la présence réelle : chaque parcelle de l’hostie consacrée est le Corps du Seigneur.

Le Purificatoire et la Palle
Pour la purification des vases sacrés
Le purificatoire est un linge de lin blanc utilisé par le prêtre pour essuyer le calice et la patène après la communion. Il est lavé séparément des autres linges liturgiques, avec un soin particulier pour recueillir toute trace des espèces sacrées.
La palle est un carré de lin rigide, parfois brodé d’une croix, qui recouvre le calice pendant la Messe pour le protéger. Ces linges blancs rappellent le suaire dans lequel fut enveloppé le corps du Christ au tombeau.
Ces linges blancs rappellent le suaire dans lequel fut enveloppé le corps du Christ au tombeau — une blancheur qui annonce la Résurrection.
Le Manuterge
Le linge du lavement des mains
Le manuterge (du latin manus, main, et tergere, essuyer) est le linge que le servant de messe présente au prêtre après le lavement des mains à l’Offertoire. Ce geste rituel, accompagné de la prière Lavabo, exprime la purification intérieure du prêtre avant la consécration.
Sa blancheur signifie la pureté requise pour s’approcher du mystère eucharistique.
« Je laverai mes mains parmi les innocents et je tournerai autour de ton autel, Seigneur. » (Ps 26, 6)
III. Objets & Instruments

L’Encensoir et la Navette
La prière qui monte vers Dieu comme la fumée d’encens
L’encensoir (ou thuribule) est un récipient métallique suspendu par des chaînes dans lequel on brûle de l’encens sur des charbons ardents. La fumée d’encens est symbole de la prière montant vers Dieu (Ps 141, 2) et de la présence divine.
La navette est un petit vase en forme de barque contenant l’encens non encore brûlé. L’encensement est effectué à des moments solennels : à l’entrée, à l’Évangile, à l’Offertoire, à la consécration.
« Que ma prière monte devant toi comme l’encens, et mes mains levées comme l’offrande du soir. » (Ps 141, 2)
Les Burettes
Eau et vin pour le sacrifice eucharistique
Les burettes sont deux petits vases, l’un contenant du vin, l’autre de l’eau, présentés au prêtre à l’Offertoire. Le vin est versé dans le calice, puis le prêtre y mêle quelques gouttes d’eau — geste symbolique : l’humanité unie à la divinité du Christ.
Après la communion, le servant verse de l’eau sur les doigts du prêtre (ablution) pour purifier les mains qui ont tenu le Corps du Christ.
« Comme cette goutte d’eau se mêle au vin pour ne faire qu’un, puissions-nous être unis à la divinité de Celui qui a pris notre humanité. » — Prière de l’Offertoire


Les Missels et Évangéliaires
Les livres sacrés de la liturgie
Le Missel romain est le livre liturgique principal contenant toutes les prières du prêtre pour la célébration de la Messe : oraisons, préfaces, prières eucharistiques, textes propres aux différentes fêtes.
Le Livre des Évangiles (Évangéliaire), contenant uniquement les quatre Évangiles, fait l’objet d’une vénération particulière : il est porté en procession, encensé et baisé par le prêtre avant la proclamation — car c’est le Christ lui-même qui parle.
Le Livre des Évangiles est porté à l’ambon en signe de la présence du Christ qui vient parler à son peuple.
La Croix de Procession et les Cierges
Guides du peuple de Dieu dans sa marche vers le Seigneur
La croix de procession est montée sur une hampe et portée en tête de la procession d’entrée et de sortie. Elle rappelle que c’est le Christ crucifié et ressuscité qui conduit son Église.
Les cierges d’autel allumés pendant toute la célébration symbolisent le Christ « Lumière du monde » (Jn 8, 12). Au moins deux cierges doivent être allumés pour chaque Messe, et jusqu’à sept pour les célébrations solennelles.
« Je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres. » (Jn 8, 12)

« Ces objets sacrés, façonnés par la main de l’homme pour le service de Dieu,
Instruction Redemptionis Sacramentum, 2004
participent, par leur usage liturgique, à la sainteté du culte divin. »